Quelques approches de ce qu'est la cité universelle. Rencontres et impressions
Il n’était que quinze heures. L’horloge murale de ce loup avait toujours avancé de quelques minutes. Les solitudes de la semaine laissaient leurs places à celles du samedi soir. Une lutte contre l’absence se déroulait devant moi, à coup de bocks de bière et de discussions hasardeuses. Le serveur jouait au dés avec l’un de ses clients, enchaînant les lancers et les pressions, les rires et les sourires forcés. Le temps passait. L’isolement à venir devenait une fatalité que l’on apprenait à tromper, une blonde à la main. Je connaissais celui qui lançait les dés du mauvais côté du comptoir, chacune des expressions de son visage m’étaient familières. Il était le miroir de la solitude. L’angoisse devenait, au fur et à mesure des pintes, permanente. Quitter les lieux dans l’indifférence générale, rentrer chez soi et se coucher en compagnie de son désespoir ? Je bénissais chaque seconde que m’offrait cette montre mal réglée.