Quelques approches de ce qu'est la cité universelle. Rencontres et impressions
L’humanité que je côtoie n’ambitionne pas d’acheter un appartement ou un écran plat de plus d’un mètre, elle vous sert votre plat du jour. L’humanité que je fréquente attend toujours l’amour sans trop y croire, de peur que cela n’arrive jamais. Vous la voyez parfois, le temps d’un verre et d’une question de circonstance sur ce qu’elle fait dans la vie. Le genre humain qui me parle est souvent accoudé au comptoir, la tête basse, à l’affût de l’improbable. Il a certainement conscience de l’absurdité de la vie, insoumis et esclave à la fois. Le genre humain que je connais ne se révoltera pas, il serait bien seul. Je crois les connaître et je sais qu’ils n’ont plus d’idéaux, ils n’ont que des miettes qu’ils ramassent à la fin de votre repas. Ils sont là, parmi vous, à garder vos enfants, à vous vendre ce magnifique ordinateur, à rentrer chaque soir avec comme seul futur possible celui de se réveiller le lendemain matin. Nous sommes une armée de fourmis, invisibles, disciplinées, au service d’une colonie insensée.